Shaolin Chuan Club Val d'Yvette
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Les illusions de la nouveauté

Un nouveau club, une nouvelle tenue, un nouvel enchaînement, une nouvelle arme, un nouveau style sont des facteurs incontestables de motivation. Des progrès notables peuvent souvent être accomplis lors de tels changements. Mais sont-ils durables et profonds ? Bien souvent, non. Car par définition, la nouveauté s'étiole rapidement et cède la place à un sentiment de stagnation voire de frustration. La mauvaise solution consiste alors à rechercher vainement une autre nouveauté dont on espère qu'elle entretiendra la flamme.

A l'inverse, les bonnes questions à se poser sont : quelles sont les choses vraiment essentielles pour ma pratique ? comment puis-je pénétrer dans un cycle vertueux de progrès durables et solides ? Et alors, la réponse ne se fait pas attendre. Il faut creuser en profondeur plutôt que d'explorer la surface des choses. Autrement dit, chacun gagnera à déterminer le style qui lui convient le mieux et à s'y consacrer pleinement sous le regard de son professeur. Plus tard, ce dernier pourra recommander à son élève de partir explorer d'autre cieux afin de compléter sa pratique.

Pour nuancer ce propos, il ne s'agit pas ici d'adopter une routine peu stimulante pour l'élève. Au début de chaque saison, ce dernier peut ainsi se fixer des objectifs précis qui raviveront la pratique sans perdre de vue le chemin principal.

Et vous, comment allez-vous aborder la saison qui s'annonce ?
 

Penser comme les Chinois

Comment transmettre et recevoir un art originaire de Chine en Occident ? Cet exercice peut être l'occasion de revoir notre manière de penser.

Ici, nous attachons souvent beaucoup d'importance à des détails tels que les angles formés par l'orientation des bras ou les pourcentages du poids sur chaque jambe. A l'inverse, en Chine, les postures ou mouvements sont décrits de façon plus globale, en mettant l'accent sur l'effet recherché. Par exemple, une parade du bras sera présentée en insistant sur la direction que doit suivre l'attaque de l'adversaire et non sur la position précise de ce bras dans l'espace (par ex. 45°). De même, il est inutile de donner la répartition exacte du poids sur les deux jambes (par ex. 30%-70%). Il suffit de savoir qu'une jambe doit rester disponible pour un coup de pied ou un déplacement tandis que l'autre assure la stabilité de l'édifice. Les Chinois préfèrent formuler cette complémentarité à l'aide du concept yin-yang.

Sans rejeter totalement l'approche analytique, une perception plus holistique et intuitive de nos disciplines élargira notre point de vue. En formulant différemment certaines questions, nous gagnerons également en autonomie.

A voir : http://​www.​youtube.​com/​watch?​v=6xp​8NPa​qFuE

Auteur : Rodolphe Pollet
 

Optimiser sa séance d'entraînement

Assister à un cours demande une préparation à la fois physique et mentale. Sans celle-ci, l'élève ne pourra pas entièrement tirer profit du travail proposé par l'enseignant.

Voici quelques points clés :
  1. "arrivez tôt pour le cours" : cela permet de changer de tenue mais aussi d'état d'esprit ;
  2. "préparez-vous pour le cours" : 10 minutes suffisent pour effectuer quelques exercices préliminaires et pour focaliser son attention ;
  3. "soyez attentifs" : observez et écoutez avec attention votre professeur ;
  4. "soyez conscients de vos attentes" : ne soyez pas trop impatient devant les difficultés ; tout effort sera récompensé sur le long terme.

Source : "Making the most of your martial arts lesson", Journal of Chinese Martial Arts
Traducteur : Rodolphe Pollet
 

Réflexions sur la pratique

Pratiquer un art martial est affaire de personne. Si chacun est doté d'une morphologie spécifique, les sentiments qui gouvernent la pratique varient aussi. Il conviendra donc d'identifier ses capacités physiques mais aussi les contours définissant sa pratique (santé, combat, culture, …). Pour autant, cette connaissance ne devrait pas être un frein pour les innovations : étendre ses capacités musculaires, tendineuses, articulaires, ou découvrir des horizons invisibles pendant les premiers mois de pratique.

Cette individualité modèle aussi les relations entre élèves et entre l'élève et le professeur. La tendance à juger est-elle source de progrès ? La richesse de l'expérience peut-elle rendre aveugle au point de ne pas s'émerveiller devant le naturel d'un plus débutant que soi ? Quelques années de pratique suffisent-elles pour prétendre détenir une quelconque vérité ? A ces questions, Me Wang Xi'an a répondu un jour qu'il n'était pas bon d'imiter un camarade, que la justesse d'un mouvement naîtrait de l'intérieur, et que le maître pouvait servir de guide. Mais en son absence, l'élève devait « aller chercher son bois dans la forêt la plus proche », c'est-à-dire suivre l'enseignement d'un professeur en qui le maître avait placé sa confiance.

Auteur : Rodolphe Pollet
 

Comment mieux mémoriser ? 8 conseils

  1. prenez conscience que le travail de mémorisation relève de votre seule responsabilité ;
  2. ne différez pas votre entraînement personnel, car plus l'intervalle entre le dernier cours et celui-ci est rapproché, plus vous augmentez vos chances de mémorisation ;
  3. soyez tolérant avec vous même en acceptant le fait que votre entraînement personnel comportera toujours des mouvements imparfaits, qui pourront être corrigés plus tard par votre professeur ;
  4. répétez chaque jour les nouveaux mouvements, même pendant une courte durée ;
  5. parmi les informations données par votre professeur, donnez la priorité à celles qui sont fondamentales (posture, orientation, etc.) et réservez pour plus tard les informations plus complexes (par ex. le relâchement) ;
  6. si un mouvement de l'enchaînement vous pose problème, ne déroulez pas tout l'enchaînement pour le travailler mais sélectionnez un extrait en débutant au mouvement qui le précède et en finissant au mouvement qui le suit ;
  7. fermez les yeux, restez immobile, et déroulez mentalement l'enchaînement en repérant les mouvements que votre esprit semble sauter pour y revenir plus tard ;
  8. considérez l'enchaînement comme une histoire où se succèdent des séquences composées des différents mouvements.

Auteur : Ted Mancuso
Traduction/adaptation : Rodolphe Pollet
 

Sur l'apprentissage

Ne vous comparez pas aux autres pour ce qui concerne la rapidité d'apprentissage ou l'habileté. Chacun a son propre mode et sa propre vitesse d'apprentissage. Certains ont besoin de beaucoup de temps pour pratiquer seuls, répétant les enchaînements encore et encore jusqu'à ce qu'ils les aient compris et mémorisés ; d'autres apprennent vite et sont capables de répéter les enchaînements après juste une ou deux observations.

Il se peut que vous trouviez que vous apprenez certains types de mouvements très vite tandis que d'autres vous semblent plus difficiles à acquérir. Que cela ne vous inquiète pas. Ne soyez ni découragés par une progression lente, ni impatients et arrogants si vous apprenez vite. En fait, apprendre lentement peut être un avantage sur le long terme. Les professeurs expérimentés savent que parfois ceux qui apprennent vite n'apprennent pas en profondeur. Ils comprennent si vite qu'ils pensent avoir maîtrisé un mouvement avant de l'avoir répété suffisamment de fois pour l'avoir bien compris. Ils sont avides et semblent prêts à avancer, mais ils courent le danger d'oublier ce qu'ils viennent juste d'apprendre aussi vite qu'ils l'ont saisi. Au contraire, ceux qui apprennent lentement ont davantage tendance à développer des bases solides pour une bonne pratique sur le long terme, parce que la mémorisation d'un mouvement pourrait leur demander des centaines de répétitions. Ils manquent de confiance en eux, donc ils continuent de s'entraîner, et cet entraînement développe leur mémoire musculaire ainsi que leur habileté.

Si vous apprenez plus lentement que les autres, acceptez le fait que vous ne serez pas capable d'exécuter beaucoup de mouvements nouveaux à la perfection dès la première fois, ni même la seconde ou la troisième fois. Cependant, au final, avec de la persévérance vous atteindrez votre objectif, et votre forme reflétera les heures de labeur et d'effort que vous avez mis à l'intérieur de celle-ci. Si vous apprenez vite, prenez garde ; prêtez attention aux détails qui pourraient vous échapper.

Auteur : Paul Eng (Kung Fu Basics, 2004)
Traducteur : Rodolphe Pollet

Que lire pour commencer ?

Shaolin : aux sources du zen et du kung-fu
HERVE BRUHAT
Aubanel (2008)
Le temple de Shaolin, qui s'élève en Chine centrale, dans la province du Henan, est considéré comme La Mecque des arts martiaux d'Extrême-Orient. Dans cet ouvrage, le photographe Hervé Bruhat révèle tout à la fois la beauté exceptionnelle du site, les légendaires entraînements d'arts martiaux et la sérénité des cérémonies bouddhiques. Au fil des pages se révèle ainsi l'essence même du kung-fu de Shaolin, ce qui le rend véritablement unique : l'osmose entre zen et arts martiaux. .
ISBN : 978-2700605419
http://​www.​hervebruhat.​com/​livres/​shaolin1.​html

De Shaolin à Wudang, les arts martiaux chinois
JOSE CARMONA
Guy Tredaniel Editeur
Cet ouvrage, écrit à partir d’éléments rassemblés en Chine, dresse le vaste panorama des pratiques martiales chinoises. Agrémenté d’une iconographie exceptionnelle, ce guide indispensable, constitue la meilleure introduction à un fascinant patrimoine culturel qui influença le développement de tous les arts martiaux d’Extrême-Orient.
ISBN : 978-2-84445-085-2
http://​www.​editions-​tredaniel.​com/​de-​shaolin-​wudang-​les-​arts-​martiaux-​chinois-​p-​633.​html

A la Source du Taiji Quan
WANG XIAN
Guy Tredaniel Editeur
Le Taiji quan est un art martial chinois. Il doit sa popularité autant par son efficience à l'auto-défense que pour son efficacité dans le domaine de la santé. Ce livre est un outil précieux tant pour le débutant que pour le pratiquant d'un niveau avancé qui souhaite remonter à sa source.